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LE DELTA DE L'EBRE EN ESPAGNE

ANECDOTES
Pêche à la mouche dans le delta de l’Ebre [Juillet 2002 ]
Barcelone est à un saut de puce en avion de la plupart des villes françaises [Paris, Bordeaux , Lyon…]. Le Delta de l’Ebre est à 150 km au sud de Barcelone.
A 3 heures de Paris, se trouve une des meilleures destinations Européenne de pêche à la mouche en mer.
La saison de pêche en BLUEWATER s’étend de Mai à septembre/ octobre, lorsque les eaux de la méditerranée sont chaudes, ce qui attire les pélagiques.
Pour les pêches du bord, le bar est à la cote quasiment toute l’année.

Jour 1: Pep Peramon, créateur de FlyCast-fishing, nous attend a une terrasse de bar face au sympathique port de l’Ampolla, en short, casquette vissée sur le crane, lunettes polarisantes autour du cou, peau tannée par le soleil. Nous somme tout de suite dans l’ambiance espagnole : Tapas, Cerveza et soleil. Pep nous casse notre enthousiasme : les poissons sont difficiles à trouver, il n’a jamais vu ça…
Il nous donne rendez-vous le lendemain à 10 heures du matin, sans conviction.
10 heures !!! C’est la première fois de ma vie que je pars en bateau si tard. Ce n’est pas grave, ça nous laisse le temps d’aller pêcher du bord au lever du soleil ou de profiter de la vie nocturne espagnole…

Jour 2 :
réveil à l’aube, d’un coup de voiture, nous sillonnons les rizières en longeant l’embouchure de l’Ebre. Le coin est magnifique : aucune construction, des multitude d’oiseaux et de l’eau, beaucoup d’eau. Ca change de la Costa Dorada, un peu trop bétonné à mon goût. Un petit canal se jette dans la rivière. Nous tentons notre chance au streamer : rien , mais cet endroit est truffé de mulet et les débris de boite de vers et les pochettes d’hameçon laissé par les pêcheurs en surf sont les signes du potentiel de l’endroit (et du manque d’éthique écologique de certains). Des prédateurs doivent sûrement à certaines périodes, venir réguler cette surpopulation de mulet. Nous reviendrons le lendemain.
10h. Pep nous attend au bateau : un splendide Bay Liner, nickel, tout équipé en électronique. C’est la NASA
45mn de navigation, Pep navigue un œil sur le GPS et l’autre sur l’horizon. Des reflets blancs au loin, dans les brumes de chaleurs. Ce sont les battements d’ailes des mouettes. C’est un chasse. Pep approche le bateau avec flegme. Contourne la chasse, met le bateau en dérive porté par le courant, et coupe le moteur.
C’est le signal du départ. Il faut sortir la soie. Attendre que le bateau tangue un peu moins et lancer en direction de la chasse. Laisser plonger la soie et stripper à toute vitesse.
La première tirée m’arrache la soie des mains. Le rush fait plier ma canne en arc de cercle et la soie qui était lové à mes pieds est avalée par les anneaux. Par chance, il n’y a aucun nœud ni objet contondant pour entraver la circulation de la soie.
L’effet de surprise de la touche passé, je pompe ce poisson dont la défense ressemble à celle d’ une truite hystérique survitaminée. Je ramène le poisson sans trop de problème au bateau. C’est un maquereau. Sa robe rayée vert bleu est magnifique dans ces eaux transparentes. Pas trop le temps de l’observer, la silhouette du bateau l’effraie et il refait un ultime rush qui m’arrache la soie et quelques mètres de backing. Puis je le ramène sans difficultés et le hisse a bord. Surprise : il fait 1kg tout au plus mais quelle énergie… Décrochage, remise a l’eau, inspection du streamer et du bas de ligne et il faut relancer, laisser couler, stripper … nouvelle touche. Et ainsi de suite jusqu'à ce que le banc de maquereau s’éloigne.
Pep sort son tuyau d’arrosage et se met à asperger la surface de l’eau : le malin… Il simule une chasse en surface. Ce qui va garder les macs un peu plus longtemps sur place.
Lorsque les touches cessent. Pep remet les gaz vers un autre point GPS, à la recherche d’une nouvelle chasse.
En 6 heures de pêche, nous avons touché 10 de maquereaux chacun. Avec des bagarres de 20mn en moyenne sur soie de 7 ou 8.
Aucun autre poisson n’a été pris. Mais Pep nous a confirmé que les bons jours, d’autres prédateurs se mêlent au maquereaux : bonites, liches, tassergal et coryphènes. Qu’est ce que ça doit être une journée faste : du véritable fitness…

Jour 3: réveil avant l’aube. Direction la petite embouchure repérée la veille. Nous passons devant une boite de nuit : elle est pleine ! Il est 6 heures du matin…
Arrivé sur les lieux, le photographe, un sud africain élevé dans le bush, repère les traces d’un serpent sur le sable… Il suit les traces caméra au poing, il va faire un reportage animalier… Je monte rapidement ma canne et un clouser minnow #4. Le soleil se lève a peine. La surface de l’eau frétille de mulets. Un pêcheur au lancer [popper] est déjà en action + 2 pêcheurs en surf qui on du passer la nuit. Nous ne nous étions pas trompés sur le richesse halieutique de l’endroit.
Je lance dans le banc de mulet. Ma soie leur passe sur le dos, ça me fait des fausses touches, puis une tirée plus franche. Raté.
Je relance. Tirée. Pendu. Je tiens un beau mulet qui a fait exploser le banc de poisson en faisant son rush. C’est la première fois que je pique un mulet aussi facilement et au streamer. L’effet de masse du banc doit compter et rendre les poissons plus opportunistes pour se nourrir avant les autres.
Je prends coup sur coup 4 mulets, sans compter les décrochages.
Je touche aussi un petit bar perdu dans les mulets…
9 :30. Il est temps d’aller rejoindre PEP sur son Bay Liner.
1 heure de navigation. Une chasse. Il y a 4 bateaux [c’est dimanche]. Lancé, strip , touche, rush terrible … Casse : le connecteur soie/backing a lâché. Faute de ma part ; j’aurais du le vérifier et le changer. La veille, il est trop passé et repassé dans les anneaux et a du s’affaiblir.
J’ai un peu de peine pour ce poisson qui est parti avec la mouche dans la bouche et 9 m de soie SH SFAST sinking. J’espère qu’il va pouvoir se décrocher.
Selon Pep, ce sont des bonites, il s’est renseigné par radio auprès des autres bateaux.
Pep nous propose de traîner nos mouches et nous garanti que c’est plus efficace que de traîner un rapala. N’étant pas un intégriste des rêgles IGFA mouche, je trouve l’expérience intéressante. Pep m’a d’ailleurs avoué que la plupart des grosses liches prises à la mouche sur son bateau sont montées sur des gros streamers blancs traînés à 30m du bateau.
En effet, la mouche traînée est efficace. Nous touchons de nombreuses bonites mais aucun vrai gros poissons…
Peu importe, je reviendrais promener mes mouches dans les eaux bleues du Delta de l’Ebre.

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